Préambule

Vous trouverez dans cette page d'autres poissons que ceux décrits précédemment, qu'ils soient communs ou occasionnels, et pouvant orner la ceinture du pêcheur sous-marin provençal. Pêle-mêle vous y trouverez la baudroie dont la taille peut atteindre 2 m pour un poids de 40 kg, la mostèle ou phycis de fond dont la longévité serait de vingt ans environ pour une taille de 1 m.

Il y a aussi la grande roussette qui peut atteindre 1,90 m, le baliste ou cochon de mer dont la taille maximale est d'environ 40 cm, le saint-pierre, de la famille des zéidés, qui peut atteindre 70 cm pour un poids de 8 kg. Quant aux rascasses, elles font partie des scorpaénidés, comme les chapons lesquels ne dépassent pas 50 cm. Les serpents de mer, venus se perdre dans le plateau continental, peuvent mesurer 2,50 m. Ils s'enfouissent à reculons dans le sable et attendent qu'une proie passe à proximité pour l'attaquer. La sole commune, laquelle peut atteindre 70 cm pour un poids avoisinant les 3 kg, ainsi que les torpilles, vivent sur les fonds sableux. Quant aux corbs, ils font partie de la famille des sciaenidés, comme les maigres et les ombrines, et peuvent mesurer 75 cm. Dans leur tête se trouvent deux otolithes, petites pierres blanchâtres dont on se sert pour confectionner des pendentifs, et qui, paraît-il, porteraient bonheur.

Les autres poissons


J'étais novice en matière de pêche sous-marine et avais pris ces deux torpilles ocellée (à gauche) et marbrée (à droite) l'été aux Salins-de-Giraud, en Camargue, alors que le mistral soufflait depuis plusieurs jours, car sans ce vent qui repousse au large l'eau verdâtre amenée par les eaux du Rhône, la visibilité de l'eau ne dépasse pas les 2 mètres. La visibilité étant excellente, je prospecte les fonds marins : que du sable, pas une seule roche ni algue, un paysage monotone sans empreintes de poissons plats. C'est en me rapprochant du bord que j'ai aperçu les torpilles, mi-enfouies dans le sable. Un conseil, si vous en apercevez, laissez-les car leur chair est peu prisée culinairement, et de plus vous risquerez de prendre des décharges électriques en les manipulant.

torpilles
mostèle brune

Je connais au Petit Rouveau une faille triangulaire habitée de temps à autre par une mostèle, un congre ou un chapon. Cela dépend des saisons, de l'état de la mer et des vents. En ce jour de la mi-août, la mer était calme. La technique consiste à se ventiler, amorcer la coulée, les yeux mi-clos, afin de les habituer à l'obscurité, puis se positionner devant le trou en position d'agachon. L'attente doit être de courte durée. Une masse claire s'avance vers moi. Je tire dessus. Il faut être prompt car l'occasion ne se répétera pas une seconde fois. Des lambeaux de foie flottent devant l'entrée de la faille. Je comprends que j'ai atteint le poisson au ventre. Je ramène doucement la flêche qui gigote pour éviter de perdre la mostèle, et la saisis par les ouies. Elle est de belle taille, plus grosse que celles capturées auparavant.

Juin, côte ouest de Porquerolles. J'avais tiré au pied d'un tombant de 13 mètres un beau fiélas et c'est lors de la remontée que je vis une queue et un aileron dorsal se dessiner dans une faille triangulaire, à mi-hauteur du flanc du tombant.  Arrivé devant la faille, j' identifiais un petit squale. De la main droite, je lui tirai énergiquement la queue, ce qui eut pour but de le faire bouger et remuer la vase. Mais le squale s'était déplacé et je pus distinguer son flanc gauche. J'y décochai une flêche, et en remontant, libérai le dévideur du moulinet. Jacques, qui sur le bateau, vidait les entrailles du fiélas, me jeta son 90. La seconde flêche l'atteignit à la tête le squale qui filait vers le fond. Je lâchai tout, puis de la surface ramenais doucement la roussette qui s'excitait à mordre l'une des tahitiennes. Une fois hissée sur le bâteau, Jacques dut l'immobiliser et l'achever à coups de rame.

roussette
baliste

Je pêchais en été à Carry-le-Rouet, entre la plage du Rouet et le parc marin, dans une zone où les posidonies avaient fait place à des amas de grosses pierres. En dessous, un poisson grisâtre que je pris pour un labre, s'enfuit  et se réfugia sous une grosse pierre. Après m'être placé devant le trou, je ne pus qu'entrevoir son abdomen et les ondulations de sa nageoire ventrale. Deux autres apnées après, le poisson était toujours planqué au même endroit. Je plaçai l'arbalète devant le trou, l'orientai vers la cible et tirai. La flêche qui tremblotait m'indiqua que le poisson avait été touché. Le sortir de sa cache fut une autre histoire car le baliste, ayant déployé le premier aiguillon de sa nageoire dorsale, s'était coincé dans le trou. En voulant le suspendre à l'accoche-poisson, ce poisson combatif se débattit, mordit le gant qui le tenait et le cisailla de ces incisives coupantes !

En principe les saint-pierres vivent en petits groupes et on les rencontre en septembre dans les herbiers de posidonies avec lesquelles ils se confondent, surtout lorsqu'ils vous font face ! C'est de cette manière qu'ils s'approchent lentement des petits poissons et les gobent grâce à leur bouche protractile. Le spécimen sur la photo a été capturé au pied du tombant nord de la Casseriane, face au port des Embiez. C'était un poisson isolé, peu farouche, qui chercha à s'enfuir seulement quand je parvins à quatre ou cinq mètres de lui. De sa capture je n'en tire donc aucune gloire, mais seulement la satisfaction d'avoir pris mon premier saint-pierre, d'autant plus qu'il accusait sur la balance le poids non négligeable de trois kilos.

saint-pierre
chapons

Les rascasses affectionnent les pieds des petits tombants, peu envasés, empierrés ou non. On rencontre les chapons dans des endroits presque identiques, mais plus profonds, ou dans les épaves. Une fois ces endroits déterminés, la principale difficulté consiste à localiser ces scorpaénidés tant leur mimétisme est trompeur. Ils se confondent avec la roche contre laquelle ils sont plaqués. En outre ils observent une immobilité parfaite, ce qui a l'inconvénient de rendre encore plus difficile leur identification et leur présence.

Les serpents de mer vivent habituellement dans les abysses, mais depuis peu on observe des individus sur le plateau continental. J'ai pris ce serpent à la mi-octobre au cap Sicié par 12 m de fond. J'avais repéré des empreintes de soles dans une zone sablonneuse, et effectuais des demi- coulées pour localiser ces poissons quand mon regard fut attiré par une cuvette dans le sable au centre de laquelle émergeait la tête d'un ophisurus serpens dont le corps était entièrement enfoui. Il attendait qu'un éventuel poisson passe à proximité pour le happer. J'ai donc tiré le serpent de mer à l'arrière du crâne et vu la flêche disparaître de moitié dans le sable. Je l'ai tirée à moi. C'est alors que le poisson s'est déployé et que j'ai pu le voir intégralement : il mesurait 2,20 m. Je suis retouné au même endroit 15 jours après : il y en avait 2 autres !

ophisurus serpens
sole commune

J'ai pris cette sole le même jour que le serpent de mer. Il est vrai que la pêche de la sole est une pêche peu captivante. Il faut la pratiquer lors d'une accalmie, ayant précédé une mer agitée, car les empreintes sur le sable sont encore fraîches et peu nombreuses. La méthode consiste à suivre les traces laissées sur le sable, puis localiser l'individu enfoui, soit par la forme de son corps, soit par l'émergence de ses yeux. Un mimétisme parfait - la sole prend la couleur du sable avec lequel elle se confond - rend son identification très difficile. Mais une fois la sole localisée, il suffit de bien centrer son tir pour la capturer. 

C'était au début du mois d'Avril, aux Deux Frères. La visibilité était mauvaise et nous obligea à effectuer des demi coulées pour voir ce qui se passe au fond. Au cours de ces coulées je distinguais, posée sur le sable, calée entre deux touffes de posidonies, une grosse masse avec de part et d'autre, deux moignons. Une seconde apnée me permet d'identifier le poisson : une énorme baudroie remontée des bas-fonds pour frayer, car il faut savoir qu'à proximité la profondeur est de 86 mètres, et à un mile au large, il y a une fosse de 600 m. La cible est facile à tirer. Plus dure sera la remontée à cause du poids de la bête et de son immense gueule qui voulait tout happer. N'ayant pas de balance, la baudroie n'a pas été pesée, mais elle mesurait toutefois 1,20 m.

baudroie
corb

Lorsqu'il rencontre un corb pour la première fois, le chasseur sous-marin va admirer cet élégant poisson à la grande voilure et aux écailles couleur bronze qui accrochent les rayons de soleil... temps que met à profit le poisson pour disparaître dans les cavités autour desquelles il évolue. Ce modeste spécimen d'environ 500 g a été capturé en juillet 2004, quelque part du côté des Embiez.

Il faut savoir que depuis l'arrêté du 23 décembre 2013, la pêche sous-marine du corb (Sciaena umbra) est interdite en Méditerranée continentale pour une durée de 5 ans.


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